La culpabilité : une promesse de souffrance ou une promesse de réalignement avec soi-même ?
Mme Jmenveux* me parle de ce sentiment de culpabilité qui la travaille.
« J’aurais pu etc etc … J’aurais dû etc etc ... ». Tout en ressentant bien que « en même temps, il y a [le quotidien, le boulot, les enfants, les ami.es] etc etc ... ». « Mais quand même, j’aurais peut-être pu etc etc ... ».
Cette fameuse et si courante culpabilité que nous portons bien gentiment dans nos sacs à dos et trimballons tout aussi gentiment, mais finalement douloureusement.

Douleur et culpabilité
La douleur fait bien partie du processus à l’origine. L’expression « battre sa coulpe » (culpa en latin, c’est-à-dire « faute, pêché ») vient d’une habitude née, à ce qu’il semble au XII° siècle, dans les monastères bénédictins. Lors du « chapitre des coulpes », les moines réunis sous la direction du père abbé devaient se frapper la poitrine avec les poings en avouant leurs « fautes, pêchés ».
Nous ne nous frappons plus la poitrine avec les poings, certes. Mais nous trouvons bien d’autres moyens de nous punir.
La culpabilité est une forme de pénitence que nous nous infligeons suite à l’inconfort de la dissonance cognitive entre notre système de valeurs et nos actes. Ces impératifs moraux, à la source de notre culpabilité, prennent d’autant plus de poids que nous nous sentons responsables des autres et de leurs émotions.
Sur cette question de la responsabilité envers les autres que nous apprenons dès notre plus jeune âge, je vous conseille cette vidéo d’une personne ressource en CNV (Commnunication Non Violente) :
Et si la culpabilité était salutaire ?
Pour cela, commençons par l'écouter...
Formuler la loi morale transgressée
Je propose à Mme Jmenveux de sortir la culpabilité de son sac à dos, de la regarder et de lui demander : que viens-tu me dire ? Quelle règle ou loi morale ai-je transgressée ?
Nous arrivons à formuler cette loi, Mme Jmenveux et moi.
Une fois formulée, la règle perd déjà un petit peu de son emprise puisque nous pouvons la regarder à l’extérieur de nous.
La suite du processus est assez simple : est-ce que je suis d’accord d’avoir transgressé cette loi morale ou est-ce que je ne suis pas d’accord avec cette transgression ?
Cas 1 : Je suis d’accord
Cas 2 : Je ne suis pas d’accord
Se réaligner dans son système
Cas 1
Cette loi ne me convient pas, ou pas comme ça. Je ne m’y reconnais pas, ce ne sont pas mes valeurs d’aujourd’hui, ce n’est pas si simple que ce qu’elle veut faire croire.
Alors, je peux me réconcilier avec moi-même. Je constate que je suis en accord avec moi-même.
Je peux dire « Merci Culpa de m’avoir permis de réactualiser mon système moral ! » et laisser partir Culpa. Tout votre système physiologique, psychique, émotionnel… vous dit « merci » en retour.
Cas 2
Cette loi est vraiment importante pour moi. J’ai à cœur de la respecter. Elle est fondamentale dans mon système de valeurs d’aujourd’hui.
Alors, je peux écouter ce qu’il s’est passé en moi et m’a poussé.e à transgresser. Je reprends connexion avec moi-même : mes ressentis, mes émotions, mes blocages, mes « je me raconte que... »… Cette connexion-là apaise mon système nerveux**. Je fais une différence entre ressentis et « ce que je crois être réel », je peux regarder autrement la situation.
Ensuite, et seulement ensuite, je peux agir en conséquence. Reconnaître mes torts, prendre soin de la réparation possible. Cette réparation vient nourrir mes besoins de justice, justesse, connexion, alignement. Je nourris mes valeurs avec lesquelles j’agis en conscience, pas par devoir.
Je peux dire « Merci Culpa de m’avoir permis de prendre conscience de ce qu’il s’est passé pour moi et de me permettre d’agir en conséquence afin de me sentir enfin aligné.e ! » et laisser partir Culpa. Tout votre système physiologiq
ue, psychique, émotionnel vous dit « merci » en retour. Et fort probablement la ou les personnes concernées par l’histoire.
Appréhendée comme simple signal d’alerte, la culpabilité peut donc être salutaire
Elle permet de nourrir la relation à soi-même et aux autres, de réactualiser si besoin son système de valeurs et soulager notre être en allégeant le sac à dos qu’il porte sur son chemin.
Profitez !
* le nom a été changé, vous vous en doutez. J’aurais même pu écrire M. Jmenveux puisque des hommes m’ont aussi partagé des sentiments de culpabilité, évidemment
** article à venir sur le SNA (Système Nerveux Autonome)



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